Mon professeur de sommellerie nous avait posé cette question en classe. C’était vers le début du cours. Moi j’ignorais « qu’est-ce que ça mange en hiver »! Les vins devaient se classer grosso modo en deux catégories : rouge ou blanc. Mais après quelques dégustations, j’ai compris que ces cépages blancs très différents représentaient chacun un type de vin blanc bien distinctif. De ce fait, si vous avez un coup de cœur pour un, il est possible que vous n’aimiez pas autant l’autre. Mais l’inverse peut être aussi vrai. Tout est possible, la polarisation des goûts n’est pas chose nécessaire.

Tout d’abord, il faudrait que je décrive les deux cépages et ce qu’ils donnent en vin. Commençons par le sauvignon blanc. Il est marqué par des arômes de fruits blancs, d’herbe coupée et de feuille de tomate. Dépendamment de la région où il est planté, il peut aussi donner des arômes de pierre à fusil (dans la vallée de la Loire), de feuille de groseille, d’agrumes, de fruits exotiques, de genêt, menthe et quelques fois de buis (ce dernier sent ni plus ni moins que le pipi de chat). En bouche, il offre une acidité rafraichissante, voire vibrante. Voilà pourquoi il se marie bien avec un ceviche, des salades à la vinaigrette acide, des poissons et viandes blanches grillés et citronnés, ainsi que le fromage de chèvre. Les sauvignons se consomment généralement jeunes, soit dans l’année du millésime ou deux ou trois ans plus tard.

Passons au chardonnay. Sous des climats frais, comme en Bourgogne et en Champagne, il dégage des arômes de citron et de pomme verte, et, sous des régions plus chaudes, des arômes de melon, de pêche et de fruits tropicaux. Contrairement au sauvignon, le chardonnay se bonifie en fût de chêne. Ce passage lui donne des arômes de pain grillé et de vanille. De plus, le chardonnay subit une fermentation additionnelle qui transforme son acide malique en acide lactique. Il en résulte des vins plus ronds (moins acides) avec des flaveurs de beurre et de noisette. Pour l’accord, recherchez les poissons pochés ou en sauce, le foie gras, les pétoncles, le homard et les langoustines, le saumon fumé, les volailles en sauce, etc. Selon la qualité du vin, un chardonnay peut se boire jeune ou vieux, jusqu’à vingt ans et plus pour certains grands crus de Bourgogne.

Alors, vous penchez pour lequel? Entre les deux votre cœur balance? Rien ne vaut toutefois la dégustation de chacun de ces vins pour s’en faire une bonne idée. Je vous recommande donc de boire un chardonnay type, c’est-à-dire très souple, avec des goûts de beurre et pain grillé. Dans cette catégorie, vous trouverez le Pouilly-Fuissé Château-Fuissé 2014, code SAQ 11330101, à 36,75 $. Vous pouvez aussi en rechercher un sous la pastille « aromatique et rond ». Pour un sauvignon type, bien tendu et minéral, vous pouvez vous tourner vers le Sancerre biologique du Domaine du Nozay 2015, code SAQ 12592496, à 28,00 $. Vous pouvez également en choisir un sous la pastille « fruité et vif ».

Bonne dégustation!

 

 

Élise Goulet,
sommelière